Bal masqué: challenge théâtral au loi anti-masque
January 31, 2009 6:01 pmpar Donovan King, traduit par Marion Portevin et Jason C. McLean
Lundi soir, plus de 50 protestataires masqués sont descendus à l’Hotel de Ville pour une manifestation nommée le Bal Masqué. Organisée par Le Gros Bon Sens, la démonstration masquée visait à contester la loi anti-masque que la ville de Montréal essaye de faire passer en tant qu’élément central du dossier “Sécurité Publique”, qui inclut désormais également un règlement contre le fait d’”insulter les policiers“.

activistes portant des masques au Bal Masqué
Le Bal Masqué était enjoué, fortement théâtral et extrêmement pacifiste. Les activistes masqués mêlés, on dansé et fait des cabrioles à l’entrée de l’Hotel de Ville. En très peu de temps, une performance artistique, courtoisie du festival Infringement, s’est déroulée sur les marches de l’Hotel de Ville. La scène a débuté lorsque deux acteurs jouant les “policiers” satiriquement masqués – l’un portant un masque à gaz et l’autre un casque d’émeute – sont arrivés sur scène afin d’examiner la protestation et essayer d’intimider les activistes du Bal Masqué, portant eux aussi des masques.

“policier” masqué contestant les masques de théâtre

“policier avec le masque à gaz” contre la section 2B de la chartre
Le “policier d’émeutes” a ensuite annoncé l’arrivée du maire de Montréal – Mr. le Maire Gerald Tremblay. Evitant les insultes (et les boules de neige!) jetées vers lui, un acteur portant un masque à l’effigie de Tremblay est apparu afin de donner une fausse “conférence de presse” au sujet du danger que peuvent provoquer les masques.

le “Maire Tremblay”: les masques sont dangereux
Le “maire” s’est alors exclamé que “tous les masques [étaient] désormais illégaux” et son équipe de sécurité constituée de “policiers” masqués ont utilisé leurs sifflets et ont averti les protestataires masqués de se démasquer ou de faire face à l’”arrestation”.
Après la performance carnavalesque, des douzaines de protestataires masqués sont entrés dans l’Hotel de Ville où les policiers – bien réels cette fois-ci – leur ont demandé de se démasquer, puis de s’asseoir dans une pièce pour suivre les démarches sur une télévision. Alors que plusieurs protestataires ont décidé de partir à ce moment – quoi de plus humiliant que d’observer la mise à mort de notre Droit à la Liberté d’Expression sur une télévision, dans une salle à part? – d’autres ont choisi de rester. D’après La Presse, cinq protestataires ont été expulsés de force par la police. Ce qui s’est ensuite passé à l’intérieur de la réunion est sujet à de nombreuses spéculations, mais une copie du règelement est maintenant publique, déclarant que porter un masque sera bientôt punissable d’une amende de 100$ – 300$ pour la première infraction.
Voici une vidéo du déroulement de la soirée, des productions Guerilla Vidéo:
Malheureusement, la plupart des médias commerciaux ont décidé de se concentrer sur la police, les émeutes auxquelles elle a du faire face en 2008 et le dernier battage du cabinet du maire – au lieu de se focaliser sur les activistes de théâtre, le Bal Masqué, et le message critique pointant nos libertés civiles sous la menace. De manière générale, les médias commerciaux ont utilisé des images de conflits passés, telles que les voitures de police brûlant ou le lendemain des émeutes, au lieu de montrer les images du Bal Masqué.

le journal de CTV a utilisé une vieille image de “dommages d’émeute”
La Gazette de Montréal, en dépit du fait d’avoir appuyé et annoncé cette cause au cours de la semaine dernière dans ses colonnes d’Opinion, ses lettres à l’éditeur et un de ses éditoriaux, n’a publié qu’un minuscule article sur la protestation (“Group Unmasked”, mardi 27 janvier 2009, A3), ignorant la mascarade théâtrale, et se concentrant au lieu de ça sur l’autorité de la police. Paraphrasant l’inspecteur en chef Paul Chablo, la Gazette a rapporté que “le règlement serait appliqué seulement aux sortes de protestations qui ont un passé violent, incluant les rassemblement spontanés de rue après les victoires de Canadiens, la manifestation annuelle du 1er mai et celle contestant la brutalité policière.” Aucune explication n’a été donnée quant à qui déciderait quels masques et quelles démonstrations seraient inclus dans cet examen rigoureux, ni si les policiers pourraient appliquer le règlement de façon aléatoire.
La prochaine réunion à l’Hotel de Ville aura lieu dans un mois, vraisemblablement le 23 février. Il est tout à fait probable que la ville fasse passer ce règlement, même si l’opposition demeure importante.
Les organisateurs du Bal Masqué, le Gros Bon Sens, promettent une résistance encore plus théâtrale. Le porte-parole Jules Merveille a publié une critique aiguë contre le règlement proposé, dans Le Devoir:
«Cette mesure est anticonstitutionnelle étant donné que tout individu a la liberté fondamentale de se cacher dans un regroupement et de ne pas dévoiler son identité, sauf en cas d’arrestation bien sûr. Nous trouvons cette mesure absurde»
Le Gros Bon Sens a déclaré “le Combat n’est encore pas terminé!” sur leur page Facebook.
Sur un front politique plus “officiel”, le Chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a annoncé sa désapprobation totale du règlement au journal 24 heures:
« Les manifestants qui contreviennent à la loi, qu’ils soient masqués ou non, devraient être arrêtés sur le champ. Mais compromettre la liberté d’expression en donnant le droit à la police d’arrêter les gens uniquement sur la base de la façon dont ils sont habillés ne peut que détériorer les relations entre la police et le grand public.»
D’une perspective légale, l’avocat des libertés civiles, Julius Grey – qui pourrait être notre meilleur espoir de protéger nos droits – a dit dans le journal de CTV: “le règlement viole clairement la liberté d’expression car on ne peut pas dissocier cette liberté de la manière dont elle est exprimée.” Dans le Toronto Star, Grey explique:
“il n’y a rien de plus périlleux que de donner cette compétence à la police… Décider quelle protestation est acceptable, laquelle ne l’est pas, est aussi impropre que de donner à la police le droit de décider si tel ou tel journal est acceptable. Les policiers sont là pour accepter la loi, pas pour en déterminer le contenu. On ne devrait pas leur donner la compétence de violer la liberté d’expression.”
Si vous souhaitez protéger votre droit constitutionnel, continuez à lire le Baton de Parole car il sera mis à jour au fur et à mesure que cette histoire se déroulera. Si vous voulez participer au prochain épisode de cet activisme théâtral, lors de la réunion à l’Hotel de Ville en février, ou bien nous aider à l’organiser, veuillez contacter otl@optative.net.
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Faites sourire un enfant
December 18, 2008 8:00 am
Vendredi soir, une quinzaine d’artistes seront à l’affiche bénévolement pour collecter les jouets pour les enfants défavorisé et en même temps montrera que le concept du Maître Chanteur est encore en vigueur même si la place elle-même a fermé ses portes.
Marie-Suzanne Brossoit, Louis-André Bourque, Jean-Marie Pelletier et plusieurs autres participera à Sourire d’enfant, un événement fondé il y a plus que 10 ans par l’auteur-compositeur-interprète Landriault, qui jouera durant la soirée en duo avec Monique Paquin. Ils seront aussi co-animateurs avec Michel Parent de QuébecPop.
Le prix d’entrée est un jouet neuf et les jouets qui sont recueillis seront remis à l’organisation sans but lucratif les enfants de Béthanie. L’événement aura lieu a L’escalier. Elle est organisée par l’équipe qui a programmé les shows à l’ancien bistro culturel le Maître Chanteur à Montréal.
Depuis Novembre 2006, l’équipe de Landriault a produit plus que 500 spectacles comportant plus que 175 auteurs-compositeurs, interprètes et musiciens, des expositions d’art visuel, des lancements de livre et de disque sur la scène du Maître Chanteur. En 2007 et 2008, ils sont impliqué au festival infringement, offrant un nouveau spectacle chaque soirée de l’événement.
Au début du mois de décembre, le Maître Chanteur a fermé ses portes, mais l’équipe est présentement en train de faire le point de vue pour assurer la suite du projet. Peut-être des nouveaux investisseurs, peut-être un subvention ou même peut-être un nouveau quartier générale.
On ne sait pas encore la forme que la suite du Maître Chanteur va prendre, mais on peut être certain que l’esprit de l’art original et de donner aux défavorisés est encore vivant dans les artistes qui jouera au Sourire d’enfant.
Sourire d’enfant, vendredi le 19 décembre, 20h30, L’escalier, 522 Sainte Catherine Est, metro Berri-UQAM, entrée: jouet neuf (non-emballé)
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Est-ce qu’un nouveau moyen de manifester est le vrai clef?
November 23, 2008 1:43 pmDurant les célébrations du 400e anniversaire de Québec, les officiaux ont décide de donner la clef du ville au militaire canadienne durant un cérémonie dans le matin. Plusieurs manifestants étaient présents, incluant des infringeurs qui on décide de contester la cérémonie avec une scène ironique parlant du « vrai clef » qui pourrait ouvrir les portes de notre époque :
Plus tard dans la journée, il y avait une parade militaire et un manifestation. Cette fois-ci, on a vu le début d’un nouveau moyen de manifester. Oui, on parle du Hardcore Disco Protest, et le voici :
Merci a J-F Noël pour la performance et a Guerilla Video Productions pour les clips.
Categories: activisme communautaire, culture jamming, vidéo
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"Enveloppe d’échafaudage" corporatif, un horreur visuel sur le Main
July 19, 2008 3:52 pmLe projet Réclame la Main prend pied avec la toute dernière intrusion sur notre site historique: les “Enveloppes d’échafaudage”
Le printemps passé, on a témoigne l’échafaudage qui a longé le long de l’édifice au coin sud-ouest de la Main et rue Sherbrooke…
Pour lire cette article, SVP visiter le site de Réclame la Main: www.optative.net/reclaimthemain/actualite.html
Il y a de la place pour vos commentaires en bas
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ZoPera ou ZoPera pas ?
June 22, 2008 5:45 pmZoPA… Selon vous, qu’est-ce que cela pourrait bien être? Une zèbre des savanes, une peau de tambour qui résonne, un porte-voix, l’odeur d’une mouffette fleurie… ?! Peut-être aussi … En tout cas ZoPA signifie ici Zone Piratus Autonomus. ZoPA est un collectif, un trio, une triade, une tridimension au cube, solidaire et théâtralisée.
Par des moments créatifs, ils les mêlent, les dessinent, les réinventent, les imaginent, les crient, les sculptent, les bougent, les dansent… Concrètement, disons “en situation”, ce sera un périple pendant l’été 2008: une reconquête du Québec à vélo faite de théâtre invisible et visible. Un grand voyage pédalisé pour se réapproprier les espaces physiques, relationnels et imaginaires de leur territoire.
La ZoPA et l’Infringement Festival
Préparez-vous alors au coolonialisme !!
Terroristes s’accordant leur propre légitimité, leurs attentats sont là pour déstabiliser les catégories, les routines, les carcans, tout ce et tous ceux qui se pavanent d’un sens moulé uniformément et mécaniquement.
Ils donnent des corps à l’Indépendance et des coups aux habitudes.
Partir de soi, réclamer, occuper, partager, et CRIÉER. Leur désir c’est de bâtir, de vivre, de crier et créer leur autonomie. Ils sont des pirates, grands amateurs de détournement, entrant sur toute scène de la réalité pour la déstabiliser, la déranger. Ils voyagent sur le navire de l’absurde, du spontané, et y invitent tous ceux qui croisent leur route. Pas d’acteur ou de spectateur, que des interactions, car ils veulent ouvrir les voix, les voies et les possibles.
Ils provoquent la parole, tentant de lui révéler ses propres limites.
Leur théâtre n’est pas que dénonciation, il veut révéler et briser les allant-de-soi,
et nous faire ré- et re-agir.
A.B
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L’artivisme infiltre Montréal pendant le festival Infringement!
June 19, 2008 11:32 pmpar Maria-Hélèna Pacelli, Le baton de parole
Quand je me suis assise pour écrire cet article, j’avais une série de courts slogans que je savais être intéressant seulement pour moi-même. Mais cet article n’est pas question de slogans. En fait, il traite de la façon dont on construit et on déconstruit nos idées par rapport à l’art et l’activisme, et de toutes les intersections qui naissent de leur convergence.
La soirée débute avec La toune à Landriault qui joue dans l’arrière-plan.
Dans l’ambiance d’une exposition d’art politisé intitulée Non à la paix, ça ferait trop de chômeurs, le débat s’amorce.
Si l’art peut être largement défini en tant que production créative et que l’activisme peut être largement considéré des actions intentionnelles qui visent une prise de conscience ou encore amener un changement social ou politique, qu’arrive-t-il lorsqu’on combine les deux? Cette convergence d’art et d’activisme soulève de nombreuses questions en ce qui à trait à la façon dont on défini l’art et l’activisme à la base.
Ce débat porte donc sur quatre thèmes, soit légalité/illégalité, espace public/privé, sponsorship et communications. Mais bien entendu, il s’élargit à beaucoup plus encore.
Certains diraient que l’art a toujours eu une composante subversive et verraient dans l’expression art-activisme une certaine redondance, mais ceci nous rappelle aussi l’espace radical d’où provient l’art. En effet, il y a tellement de définitions d’art et d’activisme qui survolent cette pseudo-table-de-conférence composée de tables du bistro Le Maître Chanteur, que c’en est presque trop à assimiler. Malgré tout, c’est enivrant de contempler toutes ces différentes façons que les activistes imaginent les pratiques qu’ils partagent si bien.
Plusieurs questions importantes sont soulevées concernant le future des pratiques subversives et de l’étique qui gouverne la construction du mouvement. Il y a un danger de reproduire les structures que nous visons à détruire dans nos efforts-même de les déconstruire. Les relations de pouvoir persistent. Il y a une incapacité à rejoindre la population générale, chose qui n’est peut-être même pas désirable. Une participante s’explique : « Quand on ne participe pas à la lutte, on maintient. »
Il est donc nécessaire dans les réseaux d’activistes de connaître qu’il y a deux visions complètement conflictuelles en jeu. Quand on travaille en matière de résistance culturelle, il faut se demander, comme le souligne une autre participante, si le but c’est de faire quelque chose d’alternatif en parallèle ou encore de détruire ce qui existe déjà?
Comme la plupart des activists savant bien, la prise de pouvoir vient de l’intérieur. Nous avons tous le pouvoir de changer les choses et se réapproprier ce pouvoir viendra à travers l’usage de diverses méthodes et pratiques sur une base locale, puis à travers le partage de nos histoires et nos expériences sur une grande échelle. C’est quelque chose que nous portons tous en nous; ça ne peut pas être forcé ou endoctriné – et c’est à nous de le reprendre!
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P’tit Jésus du country
June 18, 2008 11:35 ampar Constance Tabary pour le Baton de Parole
Un Max Ricard tout nerveux monte la scène du Maître chanteur. Au début, il ne chante pas bien fort, mais il se chauffe notre homme de country ! Sa gorge se gonfle, souligne son physique acéré pour extraire son bon rock’n’roll. La petite note aiguë du country, il la gère.
« À force de boire dans les craques de trottoir », Max Ricard a trouvé l’inspiration pour écrire ses chansons. Il ne faut pas se laisser aller à suivre sa première impression. Le petit gars en a dans le ventre. Il a de quoi rappeler un Mano Solo.
On a hâte d’entendre son nouvel enregistrement avec la chanson Lâche moi pas Jésus. Quand on entend cette toune, on se dit que Ricard va traîner sa belle guitare sur un paquet de scènes…
C’est Louis-André Bourque, a.k.a. Petit Louis, qui s’est mis à table. Avec son shag chatoyant et sa barbe garnie, il nous a fait un one man show de chansonnier. M. Bourque n’a pas l’habitude de jouer tout seul. Il s’est senti isolé sur la scène sans son band. Ça, c’est ce qu’il dit. Parce que nous, on a trouvé qu’il en imposait avec son répertoire style Brassens. Sa voix est rauque, chaude, puissante…Non, non, je ne vous dis pas que c’est le Barry White québécois. Simplement, il a de la prestance et ses paroles sont à la fois poétiques et drôles. On en redemande ! Et ça tombe bien parce qu’il va revenir jouer avec ses acolytes le 29.
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Éloge de l’activisme
June 16, 2008 5:17 pmEntretien avec Pauline Le Goïc par AB du Baton de Parole
A.B: Bonjour Pauline. Tu viens de France, alors peux-tu nous raconter ce qui t’a amené ici à Montréal ?
P: À la base, j’ai une pratique qui mêle art et activisme. Je fais partie d’un collectif à Rennes qui s’appelle Public Act. Ensemble, nous menons des recherches et nous en sommes venus à nous dire que ce serait bien de faire une recherche qui s’inscrive dans le cadre universitaire, même si ce cadre justement ne nous plaît pas beaucoup. Donc on s’est engagé collectivement dans la réalisation d’une thèse de doctorat. Et c’est donc par rapport à cette recherche que j’ai connu le Festival Infringement. Pour cette recherche c’était intéressant, mais aussi pour moi, puisque je voulais proposer quelques actions “en tant qu’artiste”. Pourquoi pas à l’édition de Bordeaux ? Parce que je voulais connaître un milieu activiste différent, de nouvelles formes de pratiques. Je voulais saisir ce que signifie activisme ici, les gens que ça regroupe…
A.B: Quelles sont justement les performances que tu présentes pendant le festival?
P: Il y a deux actions. La première c’est éloge de la paresse. Ça consiste à m’installer dans l’espace public. Je suis moulée dans un hamac d’un vert bien pétant, accrochée dans le mobilier urbain. Je reste là, immobile, muette. Le temps varie selon les conditions, l’idéal c’est de rester une bonne heure minimum.
C’est essayer de proposer un truc qui fait poser des questions, qui ne répond pas, et qui est immobile. Et si les gens veulent des réponses, ils n’ont plus qu’à se tourner en eux-mêmes pour les trouver. Le deuxième c’est soliloque. Ça consiste à proposer un texte sur la prise de parole aux passants. Je porte une combinaison intégrale rouge avec une dentelle qui me sort de la bouche et qui forme une espèce de grand mégaphone. Je dis le texte à voix basse et reste immobile. Je travaille toujours avec des costumes dont ne dépassent que mes mains. Mon visage est masqué. C’est important pour moi de travailler sur le coté anonyme. D’abord le fait que le public ne s’intéresse pas à une personne singulière, mais juste à une présence, à un corps. Que ce soit moi ou quelqu’un d’autre, peu importe, sauf pour moi-même bien sûr, parce que je dois vivre l’expérience de la confrontation avec le public. Alors que le public lui n’est pas en confrontation avec moi personnellement, mais avec un objet artistique, un corps. Et puis, ça m’énerve que les gens attribuent plus d’importance à la personne qu’au contenu. Ils portent trop souvent des jugements de valeur par rapport à des critères liés aux statuts, à la reconnaissance, à de l’intellectualisme.
Du coup, ils attendent plus de recevoir quelque chose que de donner quelque chose, ils veulent gagner quelque chose de ce qu’ils font.
A.B: Raconte nous les performances que tu as déjà faite ici à Montréal…
Toutes mes performances se font dans la rue. Je veux pas faire se déplacer les gens, je veux aller les trouver là où ils sont, dans l’état d’esprit où ils sont. Je ne veux pas qu’ils se soient préparés, je les prends sur le vif. La gratuité est aussi essentielle pour moi. Ici, pour l’instant je n’en ai fait qu’une, Éloge de la paresse. La première fois, c’était en travers d’un trottoir, le long du boulevard René Levesque, coin Union. On ne pouvait pas m’éviter et pourtant tous les gens ont trouvé le moyen de le faire. C’était bizarre et c’est ça qui était vraiment intéressant.
C’est terrible parce qu’il n’y a plus de connexion entre les lieux, ce sont des bulles non reliées entre elles, entre lesquelles les gens ne se croisent plus, ne se parlent plus. La deuxième fois c’était Square Victoria. J’ai eu un tout petit peu plus d’attention. J’étais bien par contre, très confortable, une belle vue sur le ciel et les arbres !! Ça me met dans une position peu habituelle. Même pour moi ! Quand je traverse la rue, j’ai jamais ce point de vue-là, du dormeur, je ne m’arrête pas. Ça me permet aussi tout ça. Il y a une dame qui s’est arrêtée, elle m’a parlé et m’a glissé son numéro en me disant qu’elle était vraiment intéressée par ce que je faisais. Mais je sais pas si finalement elle fait plus partie de l’action que tous ceux qui ne s’arrêtent pas, ou ne lancent même pas un regard. D’habitude, je refais jamais mes actions car je veux pas que ce soit de la représentation. Mais cette fois-là ça m’intéressait de m’accrocher tous les jours, un peu comme on faut sa sieste tous les jours. Du coup cette performance en fait regroupe tous les moments où j’étais dans mon hamac, comme un ensemble. Il y a l’idée de répétition pour cette action. Pour Soliloque, je reviendrai aussi tous les jours, comme pour rabacher toujours le même discours. Ce que je veux c’est un peu matraquer avec un texte, le répéter plusieurs fois sur le moment et chaque jour.
A.B: Activisme, art et immobilité, comment tu expliques ce rapprochement un peu paradoxal ?
P: Face à tant d’agitation, qu’est-ce que je pouvais faire ? J’étais un peu tétanisée par cette course aliénée et bruyante.
Il y a aussi l’idée d’inverser l’ordre de la performance artistique traditionnelle, celle où le public est assis et l’artiste est en face et s’agite. Là je suis immobile, alors les passants peuvent être un peu bouleversés et c’est justement ce que je veux. Il reste quand même une impasse, disons une contradiction entre le fait de se prétendre activiste et le fait de proposer de la non-action, puisque c’est comme ça que j’appelle mes performances. C’est toujours le problème de traduction d’une pensée activiste, traduire cette pensée de manière artistique. Ces performances c’est en fait ce que je fais de moins activiste dans ma vie. Je crois qu’il n’y a pas d’art activiste, mais il y a une approche par les activistes des problématiques esthétiques.
A.B.: Et alors l’inverse ne serait pas vrai, une approche par les artistes des problématique activistes ?
P: Je crois pas. Ça voudrait dire que l’art pourrait résoudre les questions politiques et ça marche pas, l’art ne transforme pas. Mais je pense que la transformation du monde ne peut se faire sans une réflexion sur l’esthétique, mais comme sur tout le reste. Je m’intéresse autant au féminisme, à l’anarchisme, aux tentatives zapatistes, aux mouvements sociaux, aux nano-technologies, à la grève… L’art pour moi n’est qu’une forme parmi d’autres.
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URGENT: Appel à tous pour appuyer le festival Présence autochtone
June 11, 2008 4:27 pmLe ministre fédéral de Développement économique Canada a décidé de couper les subventions qui étaient annuellement versées à Présence autochtone. Annoncée à moins de quatre semaines de l’événement, cette coupure que rien n’avait laissé prévoir a un effet déstabilisateur sur le déroulement de la manifestation et vient porter un coup sérieux au maintien de la seule activité annuelle d’envergure internationale consacrée aux Premières Nations dans la métropole québécoise.
Alors que le dossier de Présence autochtone se classait parmi les plus performants, cette décision s’avère difficilement explicable, d’autant plus que d’autres événements mieux fournis en budget et en subvention ont vu les millions pleuvoir dans leurs coffres déjà bien garnis.
Répression politique? Trafic d’influence? Montée de lait du ministre Blackburn suite aux représentations de l’APNQL à l’ONU? Nous ne pouvons que conjecturer sur ce qui ce cache derrière cette coupe brutale. Il apparaît évident que le moment et la manière choisis pour procéder vise à nuire le plus possible à la survie du festival.
Dans un premier temps, nous demandons aux partenaires et amis de Présence autochtone, d’appuyer la demande que nous avons faite pour que le ministère revienne sur cette décision inacceptable.
Voici donc un modèle de lettre que nous vous demandons de faire
parvenir au ministre concerné, Jean-Pierre Blackburn blackburn.j@parl.gc.ca, avec copie au bureau du premier ministre Stephen Harper pm@pm.gc.ca
Vous pouvez rajouter des éléments de votre cru mais, à l’étape actuelle,
rappelez-vous que le ton doit rester poli.
En vous remerciant d’appuyer Présence autochtone
André Dudemaine
Directeur, Terres en vues
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Au bistrot Le Maître Chanteur, avec le duo Paquin-Landriault
May 20, 2008 1:30 pmun entrevue par A.B. du Baton Parole A.B: Bonjour Monique Paquin et Landriault.
A.B: Nous sommes ensemble aujourd’hui pour parler de votre duo, duo de chanson. Vous êtes tous les deux auteurs-compositeurs, et vous avez choisi de vous rassembler. Racontez-nous un peu les origines de cette formation…
M: Ca remonte à 2006. J’avais été faire une prestation de 20 minutes-1/2 heure au Petit Medley dans le cadre des soirées Entre le Rouge et le Noir. Moi je chantais en solo depuis 2001. Ensemble on a fait une chanson des années 60 “Les Marionnettes”, parce qu’à ce moment-là tous les lundis Landriault jouait une chanson des années 60-70. Et puis après on s’est dit que ce serait peut-être intéressant de faire une chanson ensemble.
“Moi j’étais curieuse de voir ça parce que nos univers sont complètement différents. Lui il vient du rock, moi c’est plutôt intimiste. Et on s’est dit qu’on allait essayer.”
J’ai fait les paroles, il a fait la musique, et ça a donné naissance à notre première chanson qui s’appelle “Dans le parc”. Ensuite on a continué notre collaboration. Maintenant on fait parole et musique ensemble, tout en faisant une chanson à nous une fois de temps en temps.
A.B: Sur scène, c’est vrai que chacun a quelques passages en solo.
L: C’est ça. Et puis c’est vrai ce que disait Monique que nous venons d’un univers très différent, même musical. Sauf qu’on se reconnaît sur beaucoup de points, en discutant ensemble… On a fini par monter un show de 1h30 “Paquin-Landriault”, en travaillant fort au-niveau de la musique, sur la compo, mais aussi en travaillant fort au-niveau de la conversation -ce qui n’est pas du travail quand on parle avec Monique, bien entendu…-. On a trouvé qu’on se rejoignait sur bien des points au-niveau du social. Et puis quand tu fais un duo, tu fais mieux d’aller chercher quelqu’un de différent plutôt que d’avoir un clone à côté de toi… Sur scène, ce que j’aime beaucoup c’est que moi je circule beaucoup, alors que Monique est très posée. Je verrai pas Monique devenir très gesticuleuse à coté de moi, ça ferait un peu singes…
M: D’un côté, c’est sûr qu’on a beaucoup parlé mais on n’a pas eu non plus de grandes discussions philosophiques. C’est ça qui est intéressant c’est qu’on a beaucoup d’affinités. Quand on fait une chanson ensemble, on a pas besoin d’en parler des heures. Y’en a un qui commence les paroles, et puis l’autre continue, et ça se fait vraiment spontanément. On a pas de débat au sujet de ce qu’on pourrait mettre dans la chanson.
L: Au-niveau de l’écriture, Monique est très sévère. Moi je suis aussi sévère d’une certaine manière. Pour offrir aux gens des chansons, il faut que les textes soient bons, ce qui veut dire soient recherchés. IL faut pas que toute la salle se dise qu’elle aurait été capable d’écrire de même. Je suis un peu tanné -je disais ça il y a 30 ans et c’est vrai encore aujourd’hui- d’entendre à la radio “Je l’ai rencontrée dans la rue, elle m’a plu”. Aussi, pour les sujets, je voulais écrire une chanson depuis 20 ans sur la pédophilie des curés, des prêtres. Tout ce qui touche à l’enfance, Monique et moi on est très touchés, très sensibles à ça. Une toune comme J’accuse, tout le monde a été très surpris qu’elle ait été écrite par Monique Paquin. C’est même pas une influence de Landriault sur Monique Paquin, -d’ailleurs Monique elle n’est pas influençable- c’est vraiment qu’elle l’avait en elle…
M: T’as eu l’idée du sujet
L: Oui, j’ai donné l’idée mais c’est elle qu’a sorti le texte. Et quand je chante un texte de Monique Paquin -et d’habitude je chante pas les textes des autres- j’ai vraiment l’impression que je me chante moi-même.
A.B: C’est vrai qu’entre vous on ne sent pas du tout les individualités en conflit, vous avez réussi à créer quelque chose né vraiment de l’union de vos différences…
L: C’est vrai. Notre show s’appelle C’est la seule réalité, il est planétaire. La vie d’un Québécois, d’un Français, d’un Japonais, c’est la même dans un certain sens. Les gens n’ont pas la même culture, mais ils ont les mêmes sentiments, les mêmes émotions. Ils auront leurs peines d’amour, leurs peines tout court. Ils se demandent ce qu’ils veulent faire dans la vie.
C’est sûr qu’on ferait pas le festival de l’humour, mais… entre les tounes, c’est aussi important de mettre les gens à l’aise.
A.B: Vous disiez que vous vous rejoigniez sur les questions sociales, dans votre engagement. Comment alors avez-vous pensé les thèmes que vous abordez dans votre nouvel album ?
L: On n’y a pas pensé en fait… On essaie de vivre ce qu’on écrit. Monique parlait tout à l’heure de notre première chanson “Dans le parc”. C’est pas une chanson sociale, c’est une toune plutôt intimiste de la part de Monique. Moi je voulais absolument travaillé avec Monique Paquin, fait que quand j’ai fait la musique, je me suis forcé. Habituellement, dans mes musiques il y a 5-6 accords, dans celle-ci il y en a 13… Ce qui ne veut pas dire que la musique est meilleure, mais je voulais apporter quelque chose qu’elle aimerait. La première toune après, c’est le titre du show et ça va être le titre du disque “C’est la seule réalité”, là on est vraiment rentrés dans le sujet, mais on s’en était pas du tout parlé. Le refrain c’est Monique qui l’a écrit. on est parti de là pour créer la première vraie toune Paquin-Landriault. Le refrain dit que bien sûr que tout seul on peut pas avancer, mais que quand on est 2, 3, 4, 5, 10… on peut se rendre plus loin. Quand je pense à cette toune-là, beaucoup de monde nous dit que c’est dur à gober, qu’il y a beaucoup de textes dans nos chansons. C’est sûr que c’est dur la première fois mais ça c’est pas notre problème, c’est celui du public que de se résoudre à les gober…
Je me souviens d’une phrase sur un bidonville en Argentine, aussi à propos de 40 millions de sidéens sur la planète -on avait mis au départ 25 millions-, on a vérifié sur Internet pour tout ça. C’est important de pas dire n’importe quoi. C’est important de dire notre vérité. En fin de compte, on fait le show pour faire bouger les choses, pour faire bouger notre intérieur aussi. Il faut que ça te bouscule en-dedans de toi-même. Dans notre show, on essaie de faire entrer le public dans notre bulle. C’est des émotions qu’on envoie, c’est des émotions de la salle qui nous reviennent.
A.B: Vous avez choisi comme accompagnement simplement le piano. Pouvez-vous nous expliquer ce choix ?
L: Quand j’avais 17 ans, je chantais seulement au piano. On veut faire passer les mots et on veut prouver aussi que tu peux avoir l’orchestre symphonique de Montréal en arrière de toi, ta chanson sera pas meilleure, enjolivée peut-être, il y aura de la puissance… Je pense qu’avec simplement un piano, notre duo Paquin-Landriault est capable d’être aussi puissant que si on avait l’orchestre symphonique de Montréal. C’est pas la force d’un orchestre qui fait la force d’un show, c’est la force des personnages qui le chantent. Et la pianiste est très bonne, Sophie Drouin. Elle est entrée dans notre bulle. C”est pas Notre pianiste, elle fait partie intégrante du show C’est la seule réalité. Sophie Drouin c’est aussi une amie. Nous ne travaillons qu’avec nos amis. Sur le disque Dans le parc, il n’y a qu’une toune à la guitare et c’est avec Paul Paulin, un auteur-compositeur qu’on connaît. On ne travaille pas avec des pigistes, on veut pas.
M: Quand on a commencé à travailler avec Sophie Drouin. Tout de suite on a vu… Premièrement, son jeu.
Il n’y a rien qui cloche, ça roule parfaitement. On ne pouvait pas trouver mieux, je pense.
L: Dans notre show, il y a des choses extraordinaires qui se passent. Extraordinaires et pénibles en même temps. Lorsqu’on chante certaines chansons, on voit des gens pleurer. On ne s’amuse pas de voir les gens pleurer, mais on voit la détresse en chacun. On n’essaie pas de plaire à tout le monde, ni à nous-mêmes d’ailleurs. On essaie seulement de dire ce qu’on a à dire et de la manière dont on veut le faire, et on se jette à l’eau. Mais de voir autant de réactions, c’est impressionnant ! C’est une victoire dans un sens mais c’est aussi se dire, mon dieu qu’il y a de la détresse humaine.
M: C’est ça. On ne va pas s’empêcher de parler de souffrance, de la mort, parce que ça fait pleurer des gens. Tout ça, ça fait partie de la vie, ce qui ne veut pas dire qu’on n’a pas des sujets plus joyeux.
Notre spectacle il dit des choses de la vie, donc ça inclue aussi les choses difficiles.
A.B: Ma dernière question concernera votre implication dans et pour l’Infringement Festival.
L: J’ai fait le show bénéfice il y a 5 ans avec l’Infringement. J’avais été à une conférence de presse uniquement anglophone et ça m’avait fait chier. Jason, l’année passée, m’a demandé si je voulais impliquer le bistrot dans le Festival pour le volet francophone. Je lui ai répondu qu’ils s’organisaient mal et que c’était pas qu’ils manquaient de respect aux auteurs francophones mais que c’était lié à un manque d’organisation.
On ne peut pas dire qu’on ait fait des critères de sélection stricte pour avoir seulement un type de musique, c’est très large. C’est vraiment des gens de tous âges, de tous les genres musicaux.
L: Je nous considère comme des chanteurs sociaux, des gens qui, avec leur écriture, veulent faire bouger les choses. Mais c’est sûr qu’il faut pas oublier de faire des choses concrètes dans notre cheminement. Par exemple notre action avec les enfants de Béthanie, un organisme qui aide les enfants sidéens, avec les soirées Sourire d’enfant. Dans Infringement, on agit aussi. C’est, je pense un très bon Festival, qui est malheureusement mal connu, parce que c’est le Fringe qui est plus connu. Mais je pense que de plus en plus, l’Infringement s’en va sur le bon bord, avec des gars comme Jason. C’est mon copain! Il est capoté des fois, mais il s’investit corps et âme, avec sa folie, dans l’Infringement.
Il y a même une soirée Infringement le 9 juin au Petit Medley. C’est le fun de s’associer avec du monde qui est fou. Moi j’ai 58 ans, et le jour où je perdrais ma naïveté et ma folie de mes 15 ans, je pense que je vais mourir. Il faut que je reste naïf. C’est comme le bistrot ici, qui dure depuis 18 mois. À chaque fois on pense qu’il va fermer et il ne ferme pas, simplement parce que j’ai la folie de vouloir qu’il reste ouvert. Pourquoi ? Parce qu’on a fait chanter 150 auteurs-compositeurs ici, depuis un an et demi. ça devient une place où le monde peut rencontrer du monde qui crée.
Ce qu’on a écrit Monique Paquin et moi, personne n’aurait pu l’écrire parce que ça vient de nous deux. Et comme tous les auteurs-compositeurs, c’est vraiment ça… aller puiser vraiment au fond. Je dis souvent que les auteurs-compositeurs écrivent avec leur sang et c’est vrai. Souvent, ils leur reste que ça dans la vie, l’écriture.
M: L’Infringement ça va être l’occasion rêvée pour venir découvrir l’ambiance du bistrot et surtout la qualité et la variété d’auteurs-compositeurs qu’on a ici.
A.B: Merci beaucoup, et votre date pendant l’Infringement …?
L&M: C’est le 5 juin, pour l’ouverture du festival, avec Martin Robichaud qu’on voulait absolument faire découvrir.
Duo Paquin-Landriault
Martin Robichaud
Maitre Chanteur, 3425 St-Denis
21h entree libre
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